Vidéos explicatives pour enseignants : guide pratique
Classe inversée, révisions, élèves absents, familles plurilingues : comment utiliser les vidéos explicatives, en créer une et pourquoi les sous-titrer.
Par l’équipe Chasca 7 min de lecture
Les enseignants utilisent de courtes vidéos explicatives pour envoyer l’explication à la maison et consacrer le temps de classe à la pratique, pour donner aux élèves un support de révision, pour aider les absents à rattraper un cours et pour toucher les familles dans leur propre langue. Les vidéos les plus efficaces sont courtes, expliquent une seule idée, sont sous-titrées et se terminent par une question. Voici le détail de chaque usage, ce que dit la recherche, et comment créer les vôtres.
Les vidéos explicatives aident-elles vraiment les élèves à apprendre ?
En moyenne, oui, et surtout quand elles complètent votre enseignement au lieu de le remplacer. Une revue systématique de 2021 menée par Michael Noetel et ses collègues a regroupé 105 essais randomisés portant sur 7 776 étudiants de l’enseignement supérieur. Remplacer l’enseignement existant par de la vidéo produisait de légères améliorations de l’apprentissage. Ajouter de la vidéo à l’enseignement existant, en revanche, apportait des bénéfices importants.
Le style de la vidéo compte aussi. Dans une expérience menée en 2023 auprès de 133 élèves du secondaire, des schémas dessinés progressivement pendant que le narrateur les expliquait ont permis une meilleure mémorisation et un meilleur transfert que les mêmes schémas montrés terminés. Nous revenons sur ce résultat, et sur d’autres, dans pourquoi les vidéos sur tableau blanc fonctionnent.
Comment les enseignants utilisent-ils les vidéos explicatives ?
Pour la classe inversée
Les élèves regardent l’explication à la maison, et le temps de classe est consacré à la pratique, aux échanges et aux questions. Une méta-analyse de 114 études sur la classe inversée dans le secondaire et le supérieur a relevé un léger effet positif sur l’apprentissage, et deux éléments le renforçaient : les résultats étaient meilleurs quand le temps de classe n’était pas réduit, et quand des quiz étaient ajoutés.
Ne vous servez donc pas de la vidéo pour raccourcir le cours. Servez-vous-en pour consacrer le cours à la pratique, et commencez la séance par un petit quiz sur ce que la vidéo expliquait.
Pour les révisions
Une courte vidéo par notion offre aux élèves un meilleur support de révision que la relecture de leurs cours, surtout quand chaque vidéo se termine par une question à laquelle ils répondent avant le récapitulatif. Retrouver une réponse de mémoire renforce bien plus le souvenir que la relire : dans les expériences classiques de Henry Roediger et Jeffrey Karpicke, les étudiants qui s’exerçaient à restituer le texte de mémoire en retenaient nettement plus une semaine plus tard que ceux qui l’avaient relu.
Pour les élèves absents
Les élèves absents peuvent rattraper l’essentiel de l’explication à la maison au lieu de recopier le cours d’un camarade, et vous n’avez pas à refaire la même leçon entre midi et deux. Publiez la vidéo là où vos élèves ont déjà l’habitude d’aller, par exemple sur l’ENT ou la page de la classe, à côté de la fiche d’exercices qui va avec.
Pour les classes et les familles plurilingues
Une vidéo dans la langue parlée à la maison permet aux parents de suivre ce que leur enfant apprend et de l’aider pour ses devoirs. Gardez les mêmes dessins dans toutes les langues : un élève et son parent peuvent ainsi regarder côte à côte et montrer du doigt la même image. Pour les élèves qui apprennent encore la langue de scolarisation, les sous-titres aident : la recherche montre qu’ils sont particulièrement utiles quand on regarde une vidéo dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle (nous y revenons plus bas).
Comment amener les élèves à faire plus que regarder ?
Regarder une vidéo peut être aussi passif que lire une page. Dans sa synthèse des recherches sur la vidéo pédagogique, Cynthia Brame recommande de bâtir un apprentissage actif autour de la vidéo : une question directrice à laquelle répondre pendant le visionnage, une ou deux questions pendant la vidéo ou juste après, et une tâche qui intègre la vidéo à un travail plus large. En classe, cela peut être aussi simple que ceci :
- Avant : une question directrice au tableau ou sur la page de la classe, par exemple « Repérez la seule chose qui change quand la glace fond. »
- Pendant : un moment de pause. Les vidéos courtes en offrent naturellement, et un sujet plus long peut être découpé en parties séparées par une question.
- Après : une tâche qui réinvestit tout de suite la notion, comme un exercice d’application, une activité de tri ou deux minutes pour l’expliquer à un camarade.
Comment créer une vidéo explicative pour la classe ?
- Choisissez la notion qui pose le plus de difficultés aux élèves, celle que vous vous surprenez à expliquer trois fois.
- Écrivez un script court : une accroche, la notion à travers une comparaison du quotidien, son fonctionnement, un exemple et une question. Notre modèle de script tient sur une page.
- Faites court. Quelques minutes suffisent largement pour une notion. Restez sous les six minutes et découpez un grand sujet en plusieurs parties ; la recherche est détaillée dans les vidéos courtes aident-elles à apprendre ?
- Dessinez au fil de l’explication. Chaque image doit apparaître au moment où vous la nommez, pas avant.
- Enregistrez la vidéo et ajoutez des sous-titres. Vérifiez-y le vocabulaire de la discipline et les noms propres.
- Regardez-la une fois comme le ferait un élève, d’abord sans le son, puis avec.
Il existe trois façons courantes d’en créer une :
| Méthode | Ce qu’il faut | Idéal pour |
|---|---|---|
| Vous filmer au tableau ou sous un visualiseur | Un téléphone, un pied et une pièce calme | Des vidéos rapides et personnelles pour votre propre classe |
| Enregistrer vos diapositives avec une narration | Votre présentation, un micro et un peu de montage | Les cours que vous faites déjà avec des diapositives |
| Un générateur de vidéos par IA | Un sujet ou vos notes de cours, et du temps pour vérifier le résultat | De nombreuses vidéos courtes, en plusieurs langues, que vous pourrez modifier plus tard |
Pour la méthode des diapositives, notre guide pour transformer un PowerPoint en vidéo détaille les étapes.
Pourquoi sous-titrer chaque vidéo de classe ?
Parce que les sous-titres aident tout le monde, pas seulement les élèves qui en ont besoin. Dans une revue qui recense plus de 100 études empiriques, la psychologue Morton Ann Gernsbacher conclut que les sous-titres améliorent la compréhension d’une vidéo, l’attention qu’on lui porte et le souvenir qu’on en garde, chez les enfants, les adolescents, les étudiants et les adultes. Ils sont particulièrement utiles aux personnes qui regardent une vidéo dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle, aux enfants et aux adultes qui apprennent à lire, et aux personnes sourdes ou malentendantes.
Il y a aussi un enjeu de conformité. Dans les Règles pour l’accessibilité des contenus Web (WCAG), les sous-titres des vidéos préenregistrées sont une exigence de niveau A, le niveau le plus élémentaire. De bons sous-titres indiquent qui parle et les sons qui comptent, pas seulement les paroles.
Comment créer des vidéos explicatives pour la classe avec Chasca ?
Tapez un sujet, ou déposez vos notes de cours sous forme de PDF, de document Word, de présentation PowerPoint ou de fichier Markdown : Chasca écrit le script, le découpe en scènes et dessine chacune trait par trait au rythme de la narration, généralement en une minute environ. Il y a six styles de dessin, dont Crayon de cire et Tableau noir, et 30 narrateurs. La même leçon peut être créée en 79 langues, dont 68 avec une voix de narrateur, et avec des sous-titres animés.
Pour votre classe, activez les sous-titres, passez au style Tableau noir ou ajoutez de la musique, gratuitement, et chaque mot reste tel quel. Téléchargez le MP4 avec sous-titres, ou partagez un lien. Vos deux premières vidéos sont gratuites, jusqu’à une minute chacune, avec filigrane et sans carte bancaire. Chasca pour les enseignants propose des idées pour la classe, et la page d’exemples montre des vidéos terminées.
Une check-list rapide pour votre prochaine vidéo
- Une seule notion, quelques minutes, et jamais plus de six.
- Chaque dessin apparaît au moment où vous le nommez.
- Des sous-titres activés, et vérifiés pour le vocabulaire de la discipline.
- Une question à la fin, une pause, puis la réponse.
- Une activité en classe qui réinvestit ce que la vidéo a enseigné.
Sources
- Noetel, M., Griffith, S., Delaney, O., Sanders, T., Parker, P., del Pozo Cruz, B., & Lonsdale, C. (2021). Video improves learning in higher education: A systematic review. Review of Educational Research, 91(2), 204–236.
- Schneider, S., Krieglstein, F., Beege, M., & Rey, G. D. (2023). Successful learning with whiteboard animations: A question of their procedural character or narrative embedding? Heliyon.
- van Alten, D. C. D., Phielix, C., Janssen, J., & Kester, L. (2019). Effects of flipping the classroom on learning outcomes and satisfaction: A meta-analysis. Educational Research Review, 28, 100281.
- Roediger, H. L., & Karpicke, J. D. (2006). Test-enhanced learning: Taking memory tests improves long-term retention. Psychological Science, 17(3), 249–255.
- Brame, C. J. (2016). Effective educational videos: Principles and guidelines for maximizing student learning from video content. CBE Life Sciences Education, 15(4), es6.
- Gernsbacher, M. A. (2015). Video captions benefit everyone. Policy Insights from the Behavioral and Brain Sciences, 2(1), 195–202.
- W3C. Understanding Success Criterion 1.2.2: Captions (Prerecorded). Web Content Accessibility Guidelines 2.2.
Transcription de la vidéo Ce que dit le narrateur dans la vidéo explicative de 1:25 ci-dessus.
Can a short video really help students learn? Picture a recipe card beside a cook. It guides the next step, but it can't do the cooking. Yes, video helps, especially when it adds to a teacher's lesson instead of replacing it. Students still need time to practice.
A 2021 review by Michael Noetel and colleagues combined 105 randomized trials with 7,776 students in higher education. Replacing existing teaching with video brought small improvements. Adding video to existing teaching brought strong learning benefits. Like the recipe card, video helps most alongside the work, not in its place.
How the picture appears matters too. A 2023 experiment with 133 secondary school students found better recall and transfer when diagrams were drawn as the narrator explained them, rather than shown finished. Keep that clear explanation beside teaching and practice. Why add video instead of replacing teaching? Adding video to teaching brings stronger learning benefits.
Questions fréquentes
Pour faire de la classe inversée (l’explication à la maison, la pratique en classe), pour réviser avant un contrôle, pour aider les élèves absents à rattraper un cours, et pour partager les leçons avec les familles dans leur propre langue.
En moyenne, oui. Une revue de 2021 portant sur 105 essais randomisés dans l’enseignement supérieur a montré qu’ajouter de la vidéo à l’enseignement existant apportait des bénéfices importants pour l’apprentissage, alors que remplacer l’enseignement par de la vidéo produisait de légères améliorations. Utilisez les vidéos pour compléter vos cours, pas pour les remplacer.
Oui. Plus de 100 études montrent que les sous-titres améliorent la compréhension d’une vidéo, l’attention qu’on lui porte et le souvenir qu’on en garde, en particulier chez les élèves qui la regardent dans une langue seconde, les enfants qui apprennent à lire et les élèves sourds ou malentendants. Les sous-titres des vidéos préenregistrées sont aussi une exigence de niveau A des Règles pour l’accessibilité des contenus Web (WCAG).
Quelques minutes, et moins de six. L’attention baisse dans les vidéos plus longues : découpez un grand sujet en courtes parties qui se terminent chacune par une question.
Oui. Vous pouvez vous filmer avec des outils gratuits, et dans Chasca, vos deux premières vidéos sont gratuites, jusqu’à une minute chacune, avec filigrane et sans carte bancaire.