Comment écrire le script d’une vidéo explicative (avec modèle)
Une structure en six parties pour le script d’une vidéo explicative, un modèle à remplir, un exemple complet de 60 secondes et les erreurs qui font décrocher.
Par l’équipe Chasca 5 min de lecture
Un bon script de vidéo explicative compte six parties : une accroche, l’idée, son fonctionnement, un exemple concret, une question au spectateur et un récapitulatif en une phrase. À environ 150 mots par minute de narration, un script d’une minute fait à peu près 150 mots. Voici la structure, un modèle à remplir, un exemple complet et les erreurs à éviter.
La structure en six parties
- L’accroche (10 premières secondes). Donnez une raison de rester : un fait surprenant, une idée reçue, une question que l’on s’est déjà posée. Évitez les clichés : « Vous êtes-vous déjà demandé… » est le « Il était une fois » des vidéos explicatives.
- L’idée, par une comparaison du quotidien. Une phrase qui dit de quoi il s’agit, reliée à quelque chose de familier. La comparaison vient avant le terme technique, jamais après.
- Le fonctionnement. Le mécanisme, étape par étape. C’est le cœur de la vidéo, et la partie qui reçoit le plus de temps.
- Un exemple concret. Là où le spectateur rencontre ce phénomène dans la vraie vie. Cet exemple transforme une idée abstraite en quelque chose qu’il remarquera dès demain.
- Une question. Posez au spectateur une question à laquelle il peut répondre grâce à ce qu’il vient de voir, puis marquez une pause d’une ou deux secondes. Retrouver une réponse l’ancre bien mieux que de l’entendre une nouvelle fois, comme le montrent les recherches sur l’apprentissage.
- Un récapitulatif en une phrase. La réponse, en une seule phrase facile à retenir. Puis arrêtez-vous.
Modèle à remplir pour un script de 60 secondes
Copiez ce modèle, respectez le nombre de mots de chaque partie, et vous tomberez près d’une minute :
| Partie | Mots | Votre phrase |
|---|---|---|
| Accroche | 15–25 | Une surprise, une idée reçue ou une question sur ___ |
| L’idée | 20–30 | ___, c’est comme ___ parce que ___ |
| Le fonctionnement | 50–70 | D’abord ___. Ensuite ___. C’est pour ça que ___. |
| Exemple concret | 15–25 | On le voit quand ___ |
| Question | 10–15 | Alors, ___ ? (pause) |
| Récapitulatif | 10–15 | ___ en une phrase. |
Pour des vidéos plus longues, étirez « Le fonctionnement » sur plusieurs scènes d’une idée chacune, et gardez l’ensemble sous les six minutes.
Un exemple complet : pourquoi le pain rassit
Voici le modèle rempli, en 150 mots environ :
Accroche : Laissez du pain sur le plan de travail, et il durcit. La plupart des gens pensent qu’il sèche. Pour l’essentiel, ce n’est pas le cas.
L’idée : Dans le pain frais, l’amidon est comme une foule détendue, qui garde l’eau entre ses membres, sans la serrer.
Le fonctionnement : Avec le temps, l’amidon se réaligne lentement, comme si cette foule se mettait en rangs bien ordonnés. En se formant, les rangs chassent l’eau, et la mie moelleuse devient ferme et friable. Les scientifiques appellent ça la rétrogradation.
Exemple concret : C’est pour ça que le pain rassit le plus vite au frigo : le froid accélère la mise en rangs. Le congélateur, lui, l’arrête presque. Et quelques minutes dans un four chaud desserrent à nouveau les rangs : voilà pourquoi le pain rassis reprend vie, pour un temps.
Question : Alors, où garder le pain que vous allez manger cette semaine ? (pause)
Récapitulatif : Sur le plan de travail pour quelques jours, au congélateur pour plus longtemps, et jamais au frigo.
Remarquez ce que fait ce script : la comparaison (une foule) arrive avant le mot technique, chaque phrase pourrait être dessinée, et la question teste l’idée plutôt qu’un détail anecdotique.
Écrivez pour l’oreille, pas pour l’œil
Un script s’écoute une seule fois, au rythme de celui qui parle. Donc :
- Des phrases courtes. Une pensée par phrase. Si vous manquez de souffle en la lisant, coupez-la.
- Un ton parlé et des mots de tous les jours. « On » plutôt que « nous », « utiliser » plutôt que « recourir à ». Écrivez comme si vous l’expliquiez à quelqu’un assis en face de vous.
- Dites ce que vous allez dessiner. Chaque dessin a besoin d’un mot de la narration qui le fait apparaître à l’écran : « une foule », « des rangs bien ordonnés », « le congélateur ». Si vous ne trouvez pas ce mot, le dessin n’a rien à faire là.
- Une idée par scène. Quand une scène se met à avoir un « deuxièmement », ce sont en réalité deux scènes.
- Des chiffres faits pour l’oral. « Environ un tiers » vaut mieux que « 32,7 % », sauf si le chiffre exact est le propos.
Six erreurs qui font décrocher les spectateurs
- Lire le document à voix haute. Une vidéo explicative choisit l’idée qui compte et l’explique. Elle ne résume pas chaque section.
- Commencer par le jargon. Définir un terme avant que le spectateur ait une raison de s’y intéresser, c’est le perdre. D’abord la comparaison, ensuite le terme. Pour en savoir plus, lisez comment expliquer simplement un sujet complexe.
- Trop d’idées. Trois idées en une minute, et aucune ne marque. Coupez, ou faites une série.
- La décoration. Les anecdotes amusantes et les digressions qui ne servent pas l’idée allongent les vidéos et rendent l’apprentissage plus difficile.
- Une fin faible. « Merci de nous avoir regardés » gâche le moment dont on se souvient le mieux. Terminez par la question et le récapitulatif.
- Ne jamais chronométrer. Lisez le script à voix haute, chronomètre en main, avant de dessiner quoi que ce soit. C’est la retouche la moins chère que vous ferez jamais.
Du script à la vidéo
Une fois le script au point, reste à dessiner et à synchroniser : chaque image doit apparaître sur le mot qui la nomme. Vous pouvez le faire à la main, comme l’explique notre guide pour créer une animation sur tableau blanc, ou laisser Chasca s’en charger : donnez-lui votre sujet ou vos notes, et il écrit un script sur ce modèle, en fait le storyboard et dessine chaque scène au rythme de la narration. Relisez ensuite le script qu’il a écrit à la lumière de cette liste et, s’il ne tient pas la route, indiquez dans votre prompt ce qu’il faut corriger, puis refaites la vidéo.
Transcription de la vidéo Ce que dit le narrateur dans la vidéo explicative de 1:13 ci-dessus.
Think of explaining an idea like talking across a table. How do you keep your listener with you? A good explainer script has six parts: a hook, the idea, how it works, a real example, a question, and a one-line recap.
Start with a reason to care, then use an everyday comparison before a technical word. Give the steps the most time. For a real example, bread's starch lines up, squeezing out water and making the crumb firm. In the fridge, that happens fastest.
Keep the table talk short and speak the words that call drawings onto the screen. Read aloud with a stopwatch. Don't cram ideas or end with a goodbye. Ask a question your listener can answer, then recap. How do the six parts help an idea stick? They earn attention, explain clearly, and prompt recall.
Questions fréquentes
Environ 150 mots. Les narrateurs parlent en général à 140 à 160 mots par minute : visez donc 140 à 150 mots et gardez un peu de marge pour les pauses.
Une accroche, l’idée, son fonctionnement, un exemple concret, une question au spectateur et un récapitulatif en une phrase. Elle convient à tout, de l’astuce de 30 secondes à la leçon de six minutes : les vidéos plus longues donnent simplement plus de temps à chaque partie.
Oui. Nommez chaque dessin à voix haute au moment où il doit apparaître, et notez le visuel en face de chaque phrase (un script sur deux colonnes fonctionne bien). Si quelque chose apparaît à l’écran sans jamais être mentionné, supprimez-le.